Petites pensées et autres histoires

vendredi 22 janvier 2010

Atelier d'écriture - Poudreurs d'escampette - Proposition 90

Nouvelle proposition pour l'atelier d'écriture. Le mois a vraiment été bon puisque j'ai répondu aux deux propositions !

Pour la proposition 90, la consigne était :

P 90 Conte illustré
Voici la couverture du livre (deux couvertures au choix). A vous d’inventer l’histoire ….

P90 - L'avion enchanté

Il était une fois un petit garçon qui vivait seul avec son grand-père dans une toute petite maison.
Ils étaient très pauvres et ses seuls jouets étaient les avions en papier que son grand-père lui faisait. C'étaient de beaux avions plein de couleurs. Et quand il s'ennuyait le petit garçon en prenait une pleine poignée et les lançait jusqu'à en colorer le ciel.

Mais un jour arriva ce qui arrive dans tous les contes. Après une longue vie de peines et de misères, le grand-père senti sa fin arriver.
Il appela le petit garçon près de lui et lui donna un dernier avion. Un avion comme il n'en avait jamais vu avec de beaux reflets argentés qui illuminaient la pauvre masure. Le grand-père lui dit que c'était un avion magique que lui avaient confié avant de mourir les parents du petit garçon. Il aurait du le lui donner depuis longtemps, mais il n'avait pu s'y résoudre tant il avait de peine à l'idée de le voir partir de la maison.
Il lui expliqua alors qu'il devra le lancer de toutes ses forces et le suivre où qu'il aille. Il ne devra s'étonner de rien, juste suivre l'avion. Il lui faudra sans doute sacrifier quelques souvenirs, abandonner sa vie actuelle mais le bonheur l'attendait au bout de la route.
Une fois ces mots dits, le grand-père serra son petit-fils très fort dans ses bras et lui fit promettre de lancer l'avion. Ils s'endormirent serrés l'un contre l'autre dans un dernier moment de tendresse partagée.
Au petit matin, il était mort.

Le petit garçon était très triste et pleura longuement. Les gens se demandaient ce qu'il allait devenir, comment il allait vivre. Mais lui n'en avait cure. Seule comptait l'absence de son grand-père.
Après l'enterrement, il se rendit sur la colline qui surplombait la ville et sorti l'avion de sa salopette. Il avait vraiment quelque chose de mystérieux et le petit garçon ne doutait pas qu'il était magique.
Il pensa très fort à son grand-père et essaya de le lancer aussi loin que ses petits bras lui permettaient.

Etrangement, l'avion s'arrêta dans les airs. Il flotta un temps, se tourna vers le petit garçon, puis parti comme une flèche vers la ville.
Le petit garçon s'élança à sa poursuite, dévala la colline, se griffa en passant au milieu des ronces... Ses petites jambes ne lui permettaient pas d'aller bien vite mais l'avion semblait adapter sa vitesse. Si l'enfant tombait, il ralentissait, quand l'enfant se relevait, il accélérait.
Ils arrivèrent ainsi dans la ville, traversèrent la grande place, passèrent devant l'église, longèrent les remparts, ... Il ne semblait pas y avoir de logique à ce parcours mais fidèle à sa promesse, le petit garçon continuait à suivre l'avion.
Quand ils passèrent devant sa maison, il eu la tentation d'y retourner, respirer une dernière fois l'atmosphère de ce lieu, emporter un dernier souvenir. Mais il repensa aux dernières paroles de son grand-père, aux sacrifices qu'il devait faire et reparti en courant à la poursuite de l'avion.

Le passage devant sa maison ne semblait être qu'une épreuve puisque, une fois la décision du petit garçon prise, l'avion fila sans attendre en direction de la forêt.
C'était une forêt obscure et dense sur laquelle circulait beaucoup de rumeurs. Les enfants en avaient peur et jamais ils n'osaient s'y aventurer seuls.
Mais cette fois-ci, c'était différent.
Il faisait bien sombre dans les bois... Heureusement, l'avion brillait et apportait une lumière rassurante. Le petit garçon se focalisait sur cette lumière, se refusant à regarder ailleurs, détournant le regard des formes monstrueuses qu'il croyait deviner dans les sous-bois.

Cela faisait longtemps qu'il courait quand ils arrivèrent dans une clairière. Le soleil était sur le point de se coucher. L'avion se posa sur une souche et s'éteignit doucement.
Le petit garçon ne savait pas quoi faire. Etait-il arrivé ? Etait-ce uniquement une pause pour la nuit ?
Jamais il n'oserait refaire le chemin dans le noir.
La clairière était tapissée d'une mousse épaisse et accueillante alors il s'allongea à même le sol et s'endormit.

Ce fut une douce musique qui le réveilla. Il ouvrit les yeux et vit la clairière briller de mille feux. D'étranges créatures ailées y dansaient. Il se redressa pour mieux regarder et vit une de ces créatures s'approcher.
Elle se pencha vers lui, ramassa l'avion en papier et lui tendit la main en disant ces mots : "Bienvenu aux pays des fées. Nous t'attendions, petit prince".

dimanche 17 janvier 2010

Atelier d'écriture - Poudreurs d'escampette - Proposition 89

Nouvelle contribution à l'atelier d'écriture. Cette fois-ci, il s'agit de choisir parmi une liste d'incipits et d'écrire une suite.

Ce fut d'abord une pierre qui tomba à un mètre de son pied.
D'instinct il leva la tête. rien.
Il n'était pas spécialement inquiet de nature mais il avait encore en tête la prédiction que cette diseuse de bonne aventure lui avait fait ce matin.
"Aujourd'hui, par trois fois, la mort te frôlera"
Bien sûr, il ne croyait pas à ces choses là. Il avait haussé les épaules et était parti en ignorant la main qu'elle lui tendait.

Mais maintenant il s'interrogeait... Et si cette pierre était la première des trois fois ?
Il se pencha sur le caillou qui venait de tomber. C'était une pierre lisse et noire, de la taille d'un poing. Avait-il vraiment frôlé la mort ? En tout cas, à un mètre près, Dieu sait quelles auraient été les conséquences !

Toujours la pierre en main, il réfléchissait, troublé.
Et puis tout d'un coup, le déclic se fit. D'où avait-elle pu tomber ? Il sortait juste de chez lui : immeuble de pierre de taille, blanche, la pierre ne pouvait venir de là. Il leva encore la tête. Nul emplacement d'où elle aurait pu choir.
Il réprima un frisson. Avait-elle été... lancée ? Etait-il visé ?!?
Bien sûr, il avait des ennemis mais de là à ...

Rapidement, il s'éloigna, vaguement inquiet mais se refusant à formuler la seule conclusion à laquelle il pouvait arriver. Il hâta le pas, s'éloignant inconsciemment des immeubles.
Et plus il marchait, plus l'angoisse le gagnait. Constamment sur le qui vive, il ne cessait de se retourner sentant sur lui le poids de regards hostiles ou levait la tête pour surprendre un hypothétique lanceur de pierre.

Il scrutait un toit quand il fut tiré de sa rêverie par un vacarme assourdissant. Klaxon hurlant, mains qui l'attrapent et le tirent en arrière, souffle du camion, exclamations des badauds et toute sa vie qui défile en un instant.
S'ensuivit un grand silence semblant durer une éternité.
"Ca va monsieur ? Vous l'avez échappé belle dites donc !"
Peu à peu, il reprit ses esprits. Une fois encore, la mort l'avait frôlé.
Chaque passant y allait de son commentaire, critiquant tour à tour les fous du volants, les camions dans les villes, les piétons inconscients, les pouvoirs publics...
Au milieu du brouhaha, une phrase se détacha :
"Quel fou ce conducteur ! S'il avait voulu vous tuer, il n'aurait pas fait autrement !"

La nausée le prit... Il se sentit défaillir. Bousculant l'attroupement qui s'était formé autour de lui, il s'enfuit aussi vite que possible pour se réfugier dans le premier café s'offrant à lui.

Un whisky pour se remettre de ses émotions, puis un deuxième...
Sa tête bourdonnait, il cherchait en vain à se concentrer pour comprendre. Quelqu'un voulait-il vraiment le tuer ? Et si la voyante disait vrai, quelle serait la troisième tentative ?
Une main sur son épaule le fit sursauter.
"Monsieur ? Monsieur ? Je vais fermer"
Perdu dans ses pensées, il n'avait pas vu le temps passer. Il sentit la panique arriver. Sortir, seul, dans le noir ? ... Mais avait-il vraiment le choix ?

Il rassembla son courage et, prudemment, sorti. S'il avait été dans un état normal, il aurait constaté que la rue était égale à elle même, mais cette nuit elle lui semblait obscure, sinistre et glauque. Il avança, l'oeil et l'oreille aux aguets. Les quelques mètres qui le séparaient de son domicile ne lui avaient jamais semblé aussi longs.
Il distingua une silhouette sombre devant sa porte. Il marqua un temps d'arrêt mais l'envie de savoir fut la plus forte.

Elle était là, au pied de son immeuble, la diseuse de bonne aventure... Il s'approcha davantage et elle l'accueillit avec un sourire édenté faisant sauter une pierre noire dans sa main.
"Alors ? Comment était ta journée ?"
"Vous ? La pierre ? C'était vous ?"
Toujours jouant avec sa pierre, elle tendit l'autre main.
"Ma prédiction... il faut payer... donne moi ce que tu me dois"
Il parti alors dans un grand éclat de rire. Toute la tension accumulée l'après-midi s'en allait. Ainsi ce n'était que cette petite vieille ? Et il avait cru mourir ? Non, vraiment, c'était trop drôle !

Il riait encore quand la pierre le frappa violemment à la tempe.
La diseuse de bonne aventure s'avança jusqu'à lui. Il gisait par terre, un filet de sang coulait sur son visage. Elle se pencha sur lui, fouilla ses poches et en sorti un énorme portefeuille.
Elle lui jeta un dernier regard et parti en trottinant, marmonnant entre ses dents : "Il faut toujours payer"

Lui était toujours inconscient. Dehors il gelait et la neige recommençait à tomber ...

mercredi 25 novembre 2009

Atelier d'écriture - Poudreurs d'escampette

Deuxième contribution pour la proposition 84

S’asseoir sur une chaise plutôt que sur un tabouret est, d’après Eric Chevillard, le début de l’aliénation.

Comme lui, faites-nous partager une réflexion aussi profonde que métaphysique ou farfelue, née du rapport complexe que vous entretenez avec un objet de votre environnement.

Des hauts et des bas…
Voilà un sujet qui fait débat.
Quand le haut du bas descend un peu bas
Ou le bas du haut monte un peu trop,
C'est juste un liseré fin
A peine un centimètre, trois fois rien.
Mais ça suffit pour me mettre mal à l'aise,
Et je ne tiens pas en place sur ma chaise.

Eternel dilemme du matin,
10 minutes de réflexion montre en main.
Le bas se voit
Le collant choit
Tel sont les affres de la chose.
Mais ce morceau de tissu, les messieurs en raffolent !
Et moi, au moindre accro, je deviens folle.
Ma jupe ne tient pas en place,
A bien y regarder, les renforts dépassent…
...
Qu'il est dur parfois d'avoir l'habit adéquat !

Demain, c'est dit, je change de ton.
Quoi de mieux, finalement, qu'un bon vieux pantalon ?

mercredi 16 septembre 2009

Atelier d'écriture - Illustration d'une image

Première contribution à l'atelier des Poudreurs d'escampette.

P 81 Quand les photos parlent… Paroles d'enfance
Ecrire une histoire à partir de cette photo :

A la maison, la soupe a toujours été source de conflits.

Ca a commencé très tôt. Mon frère et moi, chacun sur notre chaise haute, la bouche obstinément fermée. "Une cuillerée pour papa", "Une cuillerée pour maman", ... Mais la famille était toute petite alors le tour rapidement fait et ça finissait invariablement en dégoulinures : restes de soupe sur nos bavoirs, reste de rimmel sur les joues de maman. C'est qu'à nous deux, nous pouvions être tout à fait insupportables !

Les années passant, le discours a changé : "Si tu ne manges pas ta soupe, tu resteras tout petit toute ta vie".
C'est du même acabit que "Si tu fais des bêtises, le père Fouettard viendra te voir" ou "Si tu n'es pas sage, le père Noël ne t'apportera pas de cadeaux". Mais c'est oublier que les enfants parlent entre eux et qu'il y a toujours un grand frère ou une grande soeur pour apporter la vérité.
Et puis, au fond, grandir, je n'en avais pas tellement envie. C'était bien d'être petit, on était toujours devant sur les photos de classes !

Finalement, j'ai tout de même grandi mais la soupe n'a pas disparu pour autant de la maison.
Alors mon frère et moi on s'est ligués contre maman :
"Pourquoi tu ne manges pas ta soupe ?" "Parce qu'il y a des morceaux !"
Et maman de s'appliquer à la passer au travers du disque le plus fin... Jusqu'à ce que ce soit le tour de mon frère de faire la moue devant son assiette.
"Pourquoi tu ne manges pas ta soupe ?" "J'aime pas quand y a pas de morceaux !"
Donner la préférence à un fils plutôt qu'à l'autre ? Faire deux soupes différentes à chaque repas ? De quoi devenir folle.

Pauvre maman...

Peu à peu, les soupes se sont espacées jusqu'à disparaître totalement de nos dîners. Mon frère et moi avions gagné. Mais aujourd'hui, j'ai 40 ans, et je donnerais n'importe quoi pour regoutter une soupe de maman.

lundi 24 mars 2008

Bleu

Mon coeur est bleu indigo,
Sur lui ruisselle l'encre de tes mots.
Ta plume l'a percé si fort
Qu'il en vibre encore.

Bleu outremer ou bleu nuit
Tantôt j'accours, tantôt je fuis,
Ecartelée sans ménagement
Sur la palette de tes sentiments.

mercredi 12 mars 2008

En parcourant la gamme

Doucement ta main glisse
Résistant à la vallée des délices.
Mille frissons lui font cortège,
Fascination d'un tendre arpège.
Solo ou duo
La gamme des plaisirs résonne.
Si belle est l'harmonie :
Do Ré Mi Fa Sol La Si Do

mardi 4 mars 2008

Quelques fleurs

Baignées de poudre de fée,
Les fleurs rêvent en couleur.

Et lorsqu'un papillon vient les survoler,
Il se retrouve tout teinté de leurs pensées.

Papillon gris pour les rêves de nuit,
Papillon rose pour les rêves en prose.

Messager éphémère,
Noir de jai ou délicatement irisé
D'un battement d'aile, il essaime
Pensées fleuries et tendre poèmes.

jeudi 31 janvier 2008

Bouquet de roses

Rose rouge couleur de sang attend patiemment
Rose blanche alanguie sur sa branche.

Rose empourprée aux doux parfums d'été
S'enivre de Rose bleu fatale aux amoureux.

Rose noire, au comble du désespoir,
S'est encore entichée de Rose marbrée

Seule Rose lavande gravement se demande
S'il n'y aurait pas quelque crime à oser sa rime.

Et toutes dans un même bouquet
S'enlacent et se délassent
Au gré des fantaisies
D'un instant de poésie.

lundi 21 janvier 2008

26 mots

Si j'étais un A, je serais le verbe Aimer,
Si j'étais un B, je serais un Baiser,
SI j'étais un C, je serais un Chat,
Si j'étais un D, je serais un Dragon,
Si j'étais un E, je serais Ethérée,
Si j'étais un F, je serais Femme,
Si j'étais un G, je serais Grande,
Si j'étais un H, je serais Humaine,
Si j'étais un I, je serais une Icône,
Si j'étais un J, je serais la Jouissance,
Si j'étais un K, je serais une Kaléidoscope,
Si j'étais un L, je serais un Lézard,
Si j'étais un M, je serais la Mer,
Si j'étais un N, je serais une Nouvelle,
Si j'étais un O, je serais une Oeuvre,
Si j'étais un P, je serais un Poème,
Si j'étais un Q, je serais un Quadrilatère,
Si j'étais un R, je serais le Rêve,
Si j'étais un S, je serais Sensuelle,
Si j'étais un T, je serais Tyrannique,
Si j'étais un U, je serais l'Univers,
Si j'étais un V, je serais une Vision,
Si j'étais un W, je serais un Wagon,
Si j'étais un X, je serais l'inconnue X,
Si j'étais un Y, je serais tes Yeux,
Si j'étais un Z, je serais Zébulon.

mercredi 9 janvier 2008

La griffure de la plume

Caressez moi de votre plume,
Que sa pointe me fasse mille griffures
Encrant dans ma chair à jamais
Vos désirs les plus secrets

Offrez moi la douce caresse
Qui d'un mot fait naître le frisson
Voguant sur le lit de mes envies
Du creux des reins à la naissance d'un sein

Que votre plume me déchire
D'un plaisir qui s'accorde avec souffrir

Derrière la façade de vos mots
Erotique est votre pensée
Sachez que d'une plume aguerrie
Irradie la plus exquise douleur
Rayonnante du désir du coeur.

- page 1 de 2

 

Valid HTML 4.01!   Valid CSS!  APRIL